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titre: "Le Hobbit : huit chapitres au feutre effaçable"
description: "Un roll & write signé Reiner Knizia qui traverse le roman de Tolkien en huit chapitres, huit plans, huit règles différentes. Le plaisir de noircir sa carte..."
rubrique: "Jeux de société"
type: "Critique"
auteurs: ["Guillaume"]
date_publication: 2026-08-29
note: "3/5"
oeuvre: "Le Hobbit : Histoire d'un Aller et Retour"
fiche_oeuvre: https://jeux-societe.krinein.com/oc/28607-hobbit-histoire-aller-retour.md
url: https://jeux-societe.krinein.com/hobbit-huit-chapitres-feutre-effacable/
editeur: Krinein (https://www.krinein.com)
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# Le Hobbit : huit chapitres au feutre effaçable

Un roll & write signé Reiner Knizia qui traverse le roman de Tolkien en huit chapitres, huit plans, huit règles différentes. Le plaisir de noircir sa carte est réel, la longueur des parties beaucoup moins. Avis d’étape : j’en suis au cinquième.

> **Verdict : 3/5.** On a le temps de voir venir Smaug.

Treize nains débarquent chez vous sans prévenir, vident votre garde-manger, chantent dans votre salon et vous embarquent sur les routes au matin. Vous n’aviez rien demandé. Le roman de Tolkien c'est à peu près ça, et le jeu de Reiner Knizia commence pareil : au premier chapitre, on relie les nains à Cul-de-Sac en traçant des chemins au feutre, et on coche du pain pour les nourrir. Belle mise en bouche.

Précision d’entrée, parce qu’elle change la valeur de ce qui suit : je n’ai pas encore fini. *Le Hobbit : Histoire d’un Aller et Retour* (Office Dog, le studio maison d’Asmodee, 2025, illustré par Lorenzo Colangeli) compte huit chapitres qui suivent le roman, et j’en suis au cinquième, celui où les Aigles viennent chercher tout le monde dans les arbres. Avis d’étape, donc, pas verdict de fin de voyage. 

**Repères chiffrés**

- **1 à 4** joueurs
- **8** chapitres à la suite
- **30 min** annoncées
- **10 ans** et plus

La boîte est d’une sobriété presque décevante : ni plateau, ni figurines. Quatre carnets d’aventure, cinq dés blancs, un dé noir à douze faces, quatre feutres effaçables, des jetons pain, épée et pomme de pin. Un roll & write, donc, un jeu de dés où l'on écrit. Ici, on dessine une route.

Le premier joueur jette les cinq dés blancs, puis chacun se sert à tour de rôle. Trois de ces dés portent des morceaux de chemin d’une à trois cases, qu’on recopie sur son plan en les pivotant ou en les retournant à sa guise, du moment qu’on part d’une case autorisée ou qu’on touche un tracé déjà posé. Les deux autres donnent des ressources : une épée pour écarter un troll, un pain pour nourrir un nain. Le premier à accomplir un objectif rafle des points de gloire que les autres n’auront plus, et le chapitre s’arrête dès que l’un de nous remplit sa condition de fin.

Et il y a ce plaisir tout bête que je n’attendais pas : noircir. La page se remplit sous le feutre, le chemin s’allonge, et on voit littéralement où on en est de son voyage. Au bout de vingt minutes, le carnet ressemble à une carte au trésor griffonnée par quelqu’un de pressé. On a beau savoir que ce ne sont que des traits noirs, on avance pour de vrai.

D’autant que ce squelette est le seul point commun entre les huit chapitres. Chacun a son plan, ses règles et sa condition de fin : après avoir échappé aux trolls, direction Fondcombe. Deux d’entre eux changent carrément de moteur : chez Gollum et dans la Forêt Noire (je n'ai pas encore fait la forêt !), plus rien à se disputer, le dé noir tombe et tout le monde joue le même résultat. On ne progresse pas d’un chapitre à l’autre, on repart de zéro, et l’aventure n’est jamais la même.

Ce qui oblige à rouvrir le livret à chaque épisode. J’ai cru que ça m’agacerait, pas du tout : on se pose cinq minutes, on lit les deux pages de règles spéciales, et c’est parti. De toute façon, l’essentiel du chapitre est réimprimé en haut de la page de jeu.

![Le carnet d’aventure du chapitre 5 : les chemins tracés au feutre entre les Wargs bloqués, les nains perchés dans les arbres et les trajectoires des Aigles](https://www.krinein.com/img_articles/small/26554-hobbit-huit-chapitres-feutre-effacable-1.jpg) *Photo Krinein*

Les chapitre sont inégaux, forcément. Les Énigmes dans l’Obscurité, le face-à-face avec Gollum, est de loin le meilleur pour l’instant : plus de dés à se disputer, un seul résultat commun, et cette sensation très juste de tâtonner dans le noir en noircissant les cases autour de soi. L’épisode des Aigles, à l’inverse, m’a paru lent.

Lent, et j’en viens à mon vrai reproche, qui est de taille : ça s’éternise. Regardez la photo, c’est justement ce chapitre-là. Treize nains coincés dans les arbres, plus Gandalf, et il faut les relier un par un, chacun au chemin du Vallon et à une trajectoire d’Aigle, avant que le chapitre daigne s’arrêter. Quatorze fois, quatorze fois, quatorze fois. Le premier chapitre marche pareil, douze nains à faire entrer chez Bilbo un par un. Avec sept, la partie racontait la même histoire en deux fois moins de temps. Trente secondes d’installation, cinq minutes d’explication, mais après ça s'étire parfois un poil en longueur.

Et c’est là que le manque d’interaction cesse d’être une réserve pour devenir un vrai défaut. On joue déjà surtout les uns à côté des autres : le dé qu’on prend est un dé que le voisin n’aura pas, mais on relève rarement la tête de sa feuille. Alors quand celui d’en face médite deux minutes sur le choix de son dé, puis autant sur le tracé de sa route, on n’a même pas le spectacle pour patienter. Ce jeu ne tient que si ça enchaîne. À une table qui réfléchit, on commence à bouillir.

Faut-il connaître Tolkien ? Pas du tout, les chapitres se comprennent seuls. Mais quel bon prétexte pour invoquer le nom de Gandalf autour d’une table, et pour donner envie d’ouvrir le bouquin, pour aller plus en détails dans l'aventure.

Reste la question qui décide de la durée de vie d’un carnet effaçable : est-ce que ça s’efface ? Oui, impeccablement, et ça révèle au passage deux écoles à table : ceux qui tracent au cordeau et ceux qui barbouillent. Techniquement, tout est donc rejouable. Honnêtement, j’ai du mal à me voir y revenir une fois les huit chapitres vus. Le carnet est propre et il attend, l’avenir tranchera.

Finalement, *Le Hobbit : Histoire d’un Aller et Retour* est un jeu de dés/écriture bien huilé, plus malin que sa boîte ne le laisse croire, et qui pèche sur... son rythme. Si vous cherchez de quoi vous prendre la tête, passez votre chemin. Si vous avez une table qui joue vite, des gens qui décident sans peser chaque dé, il vous emmènera loin. Il me reste trois chapitres et un dragon, et je compte bien les faire !

**On a aimé**

- Noircir la page et voir la route avancer sous le feutre.
- Huit chapitres, presque huit vrais jeux différents.
- Les Énigmes dans l’Obscurité, ce tâtonnement à l’aveugle.

**On a moins aimé**

- Ça s’éternise : quatorze sauvetages un par un, sept auraient suffi.
- On joue les uns à côté des autres, et on attend le voisin.
- Rejouable sur le papier, mais l’envie d’y revenir reste à voir.

## Fiche technique : Le Hobbit : Histoire d'un Aller et Retour

- Auteur : Reiner Knizia
- Illustrateur : Lorenzo Colangeli
- Editeur : Office Dog
- Durée : 30 minutes
- Nombre de joueurs : 1-4
- Prix moyen : 27
- Type de jeu : Dés
- Mécanique : Draft
- Univers : Médiéval-fantastique
- Public : Familial
- Date de sortie : 2025
- Site officiel : https://www.asmodee.fr/product/le-hobbit-histoire-dun-aller-et-retour/
- Fiche de l'œuvre sur Krinein : https://jeux-societe.krinein.com/oc/28607-hobbit-histoire-aller-retour.md

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*Critique publié par Krinein, magazine culturel francophone. Version HTML : https://jeux-societe.krinein.com/hobbit-huit-chapitres-feutre-effacable/*
