4/10Kult

/ Critique - écrit par Val Lazare, le 28/11/2002
Notre verdict : 4/10 - La vérité est ailleurs. (Ecrivez votre critique)

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Ludis International présente "KULT : la mort n'est que le commencement". Tiens, les mecs de Kult ont-ils eu une prémonition ? Kult est un jeu de rôle paru en 1995 et à l'époque, sa sortie a fait l'effet d'une petite bombe (dans le milieu du JDR, je me comprends). C'était le temps où certaines personnes bien intentionnées mais manquant de conscience professionnelle nous disaient que le jeu de rôle rendait fou, que ceux qui y jouaient avaient un problème dans la tête... (MD et PB, je vous salue !)

Sans confirmer ces racontars, Kult présente tout de même un univers hyper-glauque, gore, crade, sachant que le vice et l'horreur sont les deux moteurs du jeu (celui-ci étant d'ailleurs déconseillé au moins de 16 ans).

Mais alors Kult, de quoi ça parle ? Eh ben, tu vois, le monde dans lequel on vit est une prison. Le temps, l'espace, la religion, la morale ne sont en fait que des barrières qui nous empêchent de voir le vrai monde et de prendre conscience de notre propre divinité. Mais alors, qui est le salaud qui nous a enfermés dans ce monde de mensonges ? Ledit tortionnaire porte le doux nom de Démiurge (soit en français compréhensible : le créateur du monde), car il y a très longtemps, tous les êtres humains étaient égaux, vivaient éternellement (et ouais le temps n'existait pas donc pas besoin de se prendre la tête) et pouvaient modeler la Réalité par la force de leur volonté (genre matérialiser un paquet de clopes). Mais voilà, l'un d'entre eux a voulu faire la nique à tout le monde et leur a lancé les fameux sortilèges coercitifs. Problème, le Démiurge a disparu et les dogmes sous lesquels étaient emprisonnés les hommes commencent à s'effondrer (la religion par exemple). Du coup, l'Illusion se fissure et certains hommes perçoivent ce qui se passe derrière le Voile. Re-problème, pour distinguer la vraie réalité, il faut être sous le coup d'une émotion violente et pour les mecs de Kult, ça veut dire voir toute sa famille crever sous ses yeux, trucider quelqu'un, être un artiste vraiment balèze, vivre une passion amoureuse et autres insanités.

Les joueurs vont donc incarner peu ou prou des mabouls confrontés à leurs démons intérieurs afin de se libérer des entraves de l'illusion . D'autant plus que le Démiurge, c'était pas la moitié d'un idiot car quand tu rêves ou tu meurs, tu es encore sous le coup de l'illusion. Et quand tu vois que la Réalité n'est peuplée que de démons, d'homoncules hideux et de trucs dégueulasses t'as envie de rester ignorant.

Passons maintenant au système de règles. Celui-ci a en gros repris le Basic roleplaying game system en le mettant à la sauce d20. Chaque perso est doté de 8 caractéristiques (agilité, ego, éducation...) qui déterminent des caracs secondaires. On remet ça avec les compétences. Ensuite, on passe au choix des avantages/faiblesses/sombres secrets (j'ai bien aimé le sombre secret Victime d'expérimentations médicales : "A l'adolescence je compris que je n'étais pas vraiment humain, que quelque chose n'allait pas. Mes muscles vigoureux, mes griffes rétractiles, mes crocs acérés... personne n'était comme ça." Fendard). Pour réussir une action, on doit lancer 1d20 et faire moins que son score de carac/compétence.

Finalement, le système est correct sans plus, ne s'intègre pas spécialement au jeu et est ponctué de lourdeurs et d'incohérences : tables de blessures et de localisations (argh), il y a même une table de dégâts d'électricité en fonction du voltage qu'on se prend dans la tronche... on remarque aussi que le gars qui gagne 45 000 balles par mois a du même coup 10 millions d'économies et 20 millions dans sa baraque, soit 30 tonnes bien au chaud. Alors attention, petit calcul : 30 millions/45000=666 (Alala ! les mecs de Kult, y cherchent vraiment la petite bête) soit 55 ans d'épargne à 100%. Pas mal !

Kult est donc un jeu de rôle contemporain passable tendance X-files gore , difficile à gérer pour les débutants et pas franchement intéressant. On retiendra quand même une mise en page correct et des illustrations assez bonnes (même si celles-ci sont parfois hardcore) avec justement la présence de Paolo Parente, illustrateur pour Mutant Chronicles et Doomtrooper.