9.5/10La critique de Trajan

/ Critique - écrit par Maat, le 05/07/2012
Notre verdict : 9.5/10 - Trajan ? Trop bon ! (Ecrivez votre critique)

Tags : trajan empereur jeux pline empire hadrien rome

Il y a des jeux dont mes amis me parlent et m’en font un teasing de fou avant même leur sortie. Généralement, je suis déçu du jeu au final, un peu comme quand on te dit que tel film est trop trop génial de la bombe, du coup quand tu le vois, c’est souvent la déception. Donc là, on me parle longuement de Trajan, un jeu de Stefan Feld, déjà auteur de L’Année du Dragon ou des Châteaux de Bourgogne, c’est dire la qualité du Monsieur. Et bien pour une fois, je ne suis pas déçu ! Trajan, c’est un jeu à l’allemande, qui utilise pour principal moteur une sorte de roue d’action largement inspirée de l’Awélé, ce jeu traditionnel africain.
Alors lecteur de Krinein, prêt à embarquer pour décortiquer la bête éditée par Gigamic ?

La critique de Trajan
Le plateau de jeu et les plateau persos.
Sobre mais efficace

Une boîte fort sobre, en effet, avec un bleu nuit en fond et l’empereur Trajan sculpté au premier plan. Classe. On ouvre la boîte pour découvrir un plateau de jeu que je trouve assez intelligent. Pas tape à l’œil, pas magnifique, juste intelligent ! En effet, on aperçoit une perspective de Rome au premier plan, puis qui s’élargit au fur et à mesure pour laisser la place à l’Europe des conquêtes. On part donc des actions que l’on fait en ville vers les actions extérieures. Ensuite, quatre plateaux personnels (plus solides que ceux d’Ora & Labora par exemple) pour pouvoir y placer ses cylindres de l’Awélé et toutes les tuiles récoltées. Des cartes marchandises et des meeples en bois (personnages sculptés) complètent le tableau. Rien à redire sur la qualité.

La critique de Trajan
Le plateau perso.
On met les mains dans le cambouis de la Trajan ?

(oui, je m’excuse pour ce jeu de mot avec cette vieille voiture que peu doivent connaître : la Trabant, voiture Est Allemande, sisi celle qu'on peut voir dans Derrick, mais c’était plus fort que moi)
Une partie débute pour chaque joueur avec trois tuiles Trajan placées sur trois des six emplacements de l’Awélé. Un légionnaire et un chef militaire (centurion ?) sont placés sur le plateau de conquêtes militaires et chacun pioche des cartes pour entamer la partie. Celle-ci dure le temps de quatre trimestre, qui sont composés de quatre rounds.
Chacun son tour, on va manipuler les écuelles pour programmer ses actions. En gros, on doit choisir une écuelle et prendre ses cylindres en main puis les répartir dans le sens des aiguilles d’une montre, un cylindre par écuelle. La dernière écuelle remplie permettra d’exécuter l’action correspondante et éventuellement de remplir un objectif Trajan.

L'Awélé en vue plongeante (image BoardGameGeek)
Les six actions sont :
- Marchandise : vous pouvez récupérer des cartes, marquer des points ou poser des cartes.
- Le forum : vous pouvez récupérer une tuile du forum parmi lesquelles des tuiles bonus, besoin du peuple ou autre.
- Militaire : vous pouvez déplacer le centurion pour récupérer des tuiles, rejoindre le centurion avec un légionnaire de la base militaire pour marquer des points ou placer un légionnaire dans la base.
- Le sénat : vous avancez d’un rang le sénat, marquez des points mais surtout vous placez pour l’élection de fin de trimestre.
- Trajan : Vous placez une tuile Trajan de votre choix sous l’arc de triomphe (que vous déplacez ensuite) il existe six sortes de tuiles Trajan : construction, militaire, neuf points immédiats, besoins du peuple, pioche de cartes ou bonus d’action.
- Construction : vous pouvez placer un meeple dans la case des ouvriers, ou déplacer un ouvrier sur une construction (gain de points, parfois d’actions supplémentaires ou encore de bonus en fin de partie).


Les tuiles Trajan (BGG).
Il faut savoir que chaque action effectuée « coûte » sur la piste du temps. Si vous déplacez deux cylindres lors de votre tour, vous avancez la piste de deux etc. Une fois la piste complétée, un round se termine et on pioche un besoin à combler pour le peuple (du pain, de la religion et des jeux). Au quatrième round, on n’effectue pas cette pioche, on va résoudre le trimestre. A cet instant, les élections du Sénat permettant de gagner des tuiles de bonus fin de partie sont lancées et les vainqueurs gagnent les tuiles bonus de fin. On fait le ménage sur le plateau de ce qui est nécessaire et on résout les besoins du peuple. Ceux qui ne les comblent pas perdent des points.
Au bout du quatrième trimestre, la partie se termine et on fait le décompte des points !

La critique de Trajan
Le plateau et sa perspective élargie.
Rugueux, solide, mais diablement efficace !

Et oui, Trajan, c’est de l’Allemand, c’est du rugueux, du solide, mais aussi un peu abstrait. Mais qu’est-ce que c’est cérébral ! Le défi est de réussir à planifier ses actions sur plus de deux tours. J’ai réussi quelques fois à planifier trois tours, mais fouyaya faut réussir à rester concentré !
Pour moi, c’est clairement un coup de cœur, sans doute le meilleur jeu 2012 à mon goût pour l’instant, et la barre est bien haut ! Dans mon groupe de joueur il y en a qui ne sont pas très assidus aux jeux en règles générale, d’autres qui préfèrent les jeux funs, d’autres qui n’aiment pas les nouveautés… Et bien là, le jeu a clairement fait l’unanimité, on m’en redemande ! A tel point qu’on est obligés de faire deux tables de Trajan tant le succès est au rendez-vous.
Le mécanisme de l’Awélé est génial, même s’il faut bien l’avouer, thématiquement, il n'est pas très à sa place, c’est sans doute le seul bémol à ce jeu. Mais bon, quand on aime les jeux Allemand, on ne peut pas ne pas aimer Trajan.
La critique de Trajan
Les cartes marchandises (BGG).
Attention, il demande tout de même une certaine prise en main. J’ai mis une partie entière avant de me dire que j’avais capté réellement. Une fois cet effort intellectuel dépassé, on se plonge dans ses actions et on veut vite se lancer dans une autre partie.
Toutes les tactiques se valent plus ou moins. Je pense cependant, que la meilleure tactique, c’est l’opportunisme. On joue en fonction de ce que font les autres, de ce que l’on a et de ce que l’on tire. Mis à part les cartes, il n’y a pas de place pour le hasard.
Je l’ai testé une fois à deux joueurs (vous commencez à me connaître, ce n’est pas ma tasse de thé, mais que ne ferais-je pas pour vous, lecteurs de Krinein ?) et ça tourne vraiment bien. Je pense que trente minutes par joueur, c’est raisonnable. A trois, c’est vraiment bon, et à quatre, ultra tendu, surtout pour les actions de construction. Je pense d’ailleurs qu’on ne joue pas pareil selon combien on est autour de la table.
Les possibilités sont multiples, les combos souvent bénéfiques mais très difficiles à mettre en place.

Pour plus d’informations, je vous invite à visiter le site de Gigamic (pour y voir une vidéo, lire les règles, etc.).