Matagot
Matagot aime les jeux dont le monde arrive sur la table avant même l’explication des règles. Reste ensuite à faire tenir la promesse dans la mécanique.
Matagot publie des jeux qui aiment prendre de la place dans l’imaginaire. Cyclades, Kemet et Inis convoquent des mythologies, des peuples et des territoires que leurs plateaux rendent immédiatement désirables. L’illustration n’y sert pas seulement d’emballage : elle doit faire comprendre que l’affrontement aura une géographie, une atmosphère et une histoire.
Fondée à Bordeaux en 2005, la maison a développé un catalogue beaucoup plus large que cette première image de jeux de conquête. Room 25 enferme ses participants dans un complexe mouvant, Captain Sonar transforme deux tables en sous-marins rivaux et Raptor ramène l’affrontement asymétrique à un duel tendu. Le point commun se trouve moins dans le poids des règles que dans une situation forte, facile à raconter avant la partie.
Matagot exerce aussi le métier de localisateur et de distributeur. Son logo peut donc signaler une création maison, une édition française ou l’accompagnement d’un partenaire étranger. Cette diversité a fait grossir le catalogue jusqu’à rendre sa personnalité parfois moins lisible. Elle lui a aussi permis de passer du jeu familial au jeu expert sans traiter l’un comme l’antichambre de l’autre.
Le meilleur Matagot apparaît lorsque le spectacle et la règle tirent dans le même sens. Les monstres de Kemet, les écrans de Captain Sonar ou les tuiles de Room 25 ne décorent pas une mécanique abstraite. Ils donnent aux décisions une forme que l’on se rappelle après avoir rangé la boîte.





