Cocktail Games
Cocktail Games a fait de la petite boîte en métal un signe de reconnaissance. Le contenant attire l’œil, mais c’est la précision de l’idée qui fait durer les meilleurs titres.
Cocktail Games est né à Versailles en 2003 autour de Matthieu d’Epenoux. L’éditeur s’est installé dans les apéritifs, les vacances et les poches avec ses petites boîtes métalliques. Le format est devenu une identité visuelle, presque un rayon à lui seul dans certaines boutiques.
Cette spécialisation pourrait condamner le catalogue à l’animation interchangeable. Les meilleurs jeux de la maison font exactement l’inverse. Hanabi retourne le jeu de cartes en demandant à chacun de voir les mains des autres, mais jamais la sienne. Ce minuscule renversement a produit un grand jeu coopératif et obtenu le Spiel des Jahres en 2013. Top Ten transforme une échelle secrète en machine à improviser, tandis que Twin It! fait du motif graphique un terrain d’observation simultanée.
Cocktail Games annonce aujourd’hui trois ou quatre nouveautés par an, un rythme raisonnable pour une maison qui revendique environ cent références et plus d’un million de ventes annuelles dans le monde. Cette retenue compte : un jeu d’ambiance a besoin de démonstrations, de bouche-à-oreille et de parties répétées bien plus que d’un long discours de lancement.
Le vrai savoir-faire de Cocktail Games tient à la compression. Peu de matériel, une règle que l’on peut transmettre dans le bruit et une idée assez nette pour modifier le comportement de toute la table. La boîte est petite parce que le jeu n’a rien à cacher derrière le volume.





